L'année du rugby 2011

Le rugby a encore gagné en popularité par sa manière de ressembler à
la vie et d'être, en certaines grandes occasions, plus beau qu'elle, aussi.
Un sport où les mouvements du coeur sont tels qu'ils sont des millions
désormais à vouloir pousser, passer. La trente-neuvième Année du Rugby
en est l'illustration par les mots, les photos, jusqu'à l'émouvante finale
de la Coupe du monde arrachée d'un point par les Néo-Zélandais face à
de magnifiques Français.
Cet ouvrage commence par une tournée d'automne de tous les tourments pour
le XV de France, submergé 59-16 par l'Australie. Il se poursuit par un Tournoi
des Six-Nations d'une grande intensité remporté par les Anglais. Soumise à la
critique et aux remises en question, l'équipe dirigée par Marc Lièvremont parvient
à décrocher la deuxième place en battant les Gallois au Stade de France après
avoir concédé sa première défaite face aux Italiens. Une épreuve haute en couleur
et en douleurs, avec des bleus à l'âme et des retours de flamme.
La Coupe d'Europe aura été au diapason, avec un regain de force des clubs
tricolores. C'est ainsi que quatre d'entre eux - Perpignan, Toulon, Toulouse et
Biarritz - se sont retrouvés en quarts de finale. Les Toulousains, tenants du titre,
ont dû s'incliner devant les futurs vainqueurs, les Irlandais du Leinster, emmenés
par le légendaire Brian O'Driscoll et vainqueurs de Northampton à l'issue d'une
emballante finale (33-22).
Pour sa part, le Championnat de France aura été le plus disputé de l'histoire.
L'équipe la plus surprenante, et souvent la plus séduisante, fut Montpellier,
guidée par Fabien Galthié et Éric Béchu. Parvenue en finale, il lui manqua dix
minutes pour créer la sensation et devancer le Stade Toulousain. Mais ce dernier,
aiguillonné par Guy Novès, son maître à faire jouer, parvint à s'imposer (15-10)
pour lever son dix-huitième bouclier. L'année du rugby 2011 rend un
hommage mérité à une compétition de haute volée.
L'apothéose est la septième Coupe du monde sur les terres les plus fertiles,
les plus prestigieuses, celles de la Nouvelle-Zélande. Dans son aventure du bout
du monde, l'équipe de Thierry Dusautoir aura tout connu : déception contre
les Tonga en poules, réhabilitation devant l'Angleterre en quarts, résurrection
face au pays de Galles en demies, désillusion en finale contre ces All Blacks
éliminés deux fois par les Bleus, en 1999 et 2007. Mais il était écrit que les Français
ne parviendraient pas à décrocher ce premier titre au pays du long nuage blanc,
là même où ils s'étaient inclinés en 1987 pour la première finale de l'histoire.
Christian Montaignac et Pierre Michel Bonnot, grand reporter rugby à L'Équipe ,
font le récit de ce parcours où l'équipe de France, tour à tour piteuse et radieuse,
aura enrichi sa réputation de belle inconstance, avec deux derniers matches
joués jusqu'au point de rupture. L'année du rugby 2011 en témoigne, avec
un lyrisme aux mesures d'un incomparable jeu à rebondissements. Au fil des
générations et des passions, la fête continue.