Le sabot de Vénus. Implorations minuscules

Lorsque l'existence brutalise, l'écriture, nécessaire de survie, se resserre. Implorations minuscules évoque la disparition d'un être cher :
« Chante, vif invisible, chante à pleine gorge ce qui me noue la gorge. »
Le Sabot de Vénus, dédié au bien-aimé, s'essaie à explorer l'affliction, notamment cette réclusion singulière qu'elle engendre :
« Me voici sur le chemin de crête, le regard sur chaque versant, celui des morts où tu es allé, celui des vivants où je suis restée. Sensation d'étrangeté. », ainsi qu'à inventorier la perte, source de rêves, objet de constats :
« Ta mort donne à notre vie, désormais scellée, son relief singulier, sa brillance unique. » au cours de ce qui devient un hommage à l'être aimé, « trésor à jamais perdu » :
« Te rencontrer fut un enchantement, bientôt glissé dans la trame des jours. »
De temps à autre cependant, tu apparais, passant mystérieux quoique familier, dans mes rêves. Il y a peu, cavalier à cheval, tu t'élançais dans les airs lumineux du haut d'une falaise abrupte jusqu'au profond de la mer étincelante. Echappée vers l'éternité ?
Plus récemment, tu regagnais la maison, à la main un tapis d'Orient, chatoyant, de soie blanche et bleue Offrande de frontalier.