La valise

La valise, c'est celle que Dovlatov emporte lorsqu'il quitte la Russie. Ornée d'une photographie de Karl Marx sur le fond, et de Joseph Brodsky sous le couvercle, avec « entre les deux une vie foutue, inestimable, unique ». Huit objets tirés de cette valise ressuscitent les souvenirs de sa vie passée en Russie et sont le prétexte à autant d'histoires du quotidien, pleines de malice. « Les chaussettes finlandaises en crêpe » côtoient ainsi « la chapka » et « la veste de Fernand Léger », ou encore « les gants d'automobiliste » dont l'hilarant récit se passe dans les rues de Leningrad où Dovlatov, en raison de son imposante taille, incarne le tsar Pierre I<sup>er</sup> pour le compte d'un réalisateur amateur.
Prenant son parti de l'absurdité de la vie, Dovlatov s'ingénie à en rire, franchement et avec ses lecteurs. Conteur du quotidien hors pair, il relève le défi de ne jamais tomber dans le pathétique, fourbissant les armes de l'ironie tendre et de l'autodérision.