Mémoires dans une soupente

Vincenzo Craveri, le héros de cette confession racontée à la troisième personne, est en analyse auprès d'un professeur devenu le confesseur redouté mais indispensable de ses obsessions et de ses rêves. Les séances sur le divan alternent avec des pauses où le patient, réfugié dans une soupente servant de salon d'attente, s'abandonne à ses souvenirs, revit des épisodes déterminants de son passé et laisse libre cours à ses fantasmes.
A vrai dire, le lecteur comprend vite que ce personnage et son créateur ne font qu'un. Vittorio Gassman, victime d'une grave dépression, a connu deux années terribles. «La maladie est arrivée à l'improviste sans vrai motif. J'étais réduit à l'état de larve, incapable de volonté, coupé de tous les miens : mon fils Jacopo me fuyait parce qu'il ne savait que faire d'un père trop faible. Je n'ai jamais connu à ce point la peur et la honte. Ce fut une expérience douloureuse, mais qui m'a beaucoup appris.» C'est donc le récit de cette crise que nous livre le célèbre acteur. Mais son habileté est telle que réalité et fiction, constamment imbriquées grâce à un assemblage de techniques d'écriture très variées mêlant narration, drame théâtral, scénario de cinéma, poésie et reportage, composent un passionnant puzzle qui est à l'image même du comédien et de l'homme : brillant, séduisant, déconcertant, et en même temps profondément touchant.