L'abbé J. Bessou (1845-1918) : sa biographie, son oeuvre

Tous les journaux de Rodez ont
jeté des fleurs sur la tombe
de l'abbé Bessou ; ils ont signalé
le deuil des lettres Aveyronnaises
et la perte que fait
la petite patrie.
En qualité de vieux condisciples,
nous avions convenu
avec Bessou que si l'un des
deux avait un sursis, il rédigerait
la notice nécrologique du premier appelé ;
car nous sommes de la classe qui a reçu ou
attend l'appel, étant nés en 1845.
Bessou aurait tenu parole, je n'en doute pas,
mais il lui en aurait coûté ; car il regardait cette
sorte de travail comme une perte de temps.
Pour moi, je n'ai pas songé à me soustraire au
devoir de l'amitié ; et je ne crois pas que les
petits articles de ce genre soient du temps
perdu ; car, s'ils obtiennent leur but, ils attirent
une prière aux morts, et ils glissent sans prétention
une leçon aux vivants.
Comme il y a deux hommes en Bessou : le
prêtre et le poète, j'acceptai de grand coeur
d'apprécier et de couronner le poète devant ses
collègues de la Société des Lettres. Mais il me
semblait que les confrères qui l'ont vu de plus
près étaient plutôt désignés pour louer le prêtre
et jeter l'eau bénite sur sa tombe.