Let Miss Jane tell the story : lectures critiques de The autobiography of Miss Jane Pittman

The Autobiography of Miss Jane Pittman (1971) est l'ouvrage le plus
connu et le plus lu de l'écrivain louisianais Ernest J. Gaines (1933-),
également auteur de cinq autres romans et d'un recueil de nouvelles.
Les huit articles réunis dans ce volume répondent aux questions que
pose cette autobiographie fictionnalisée d'une ex-esclave dont le récit
de vie, s'étendant sur plus de 100 ans, coïncide avec tout un pan de
l'Histoire noire américaine : Emancipation, Reconstruction et début du
Mouvement des Droits Civiques. Le statut générique problématique de
cette «autobiographie» - néo-récit d'esclave, épopée du peuple noir,
fresque historique, entretien ethnographique mis en fiction, histoire orale
- renvoie à la pluralité des voix et des textes que l'écriture embrasse.
La voix de Miss Jane s'entend plus qu'elle ne se lit dans l'illusion de la
transcription graphique et de la construction du point de vue. La vie des
petites gens des plantations est racontée dans un effort de vérisimilitude
qui laisse toujours percer le travail de l'écrivain, débusqué dans ce tour de
force qui consiste à faire croire à la transparence de l'écrit. Car Miss Jane
réécrit à sa façon, celle d'une littérature populaire, régionale, circonscrite
à la Louisiane, certaines interrogations de la littérature noire américaine.
Tableaux de destins brisés. Résistance et résilience. Hommage aux vies
«ordinaires».