Traité de Lausanne : 1923

La Première Guerre mondiale sonna le glas des
empires austro-hongrois, russe et ottoman et déboucha
pour chaque nation héritière sur une délimitation
de frontières conclue par un traité de paix.
Celles de l'Empire ottoman étaient particulièrement
difficiles à tracer en raison de sa vaste étendue, de
son multiculturalisme et de la spécificité de son histoire.
D'abord, il y eut le Traité de Sèvres en 1920,
concocté dans la hâte par les forces de l'Entente
(Grande-Bretagne, France, Italie dont l'esprit avait
des relents de colonialisme). Mais celui-ci s'avéra irréaliste
et impraticable et provoqua l'ire de la nouvelle
Turquie en gestation. Sous les décombres
ottomans surgit un mouvement populaire emmené
par Mustafa Kemal le visionnaire qui vainquit les
Alliés et les Grecs. Forts de ce succès sur le terrain,
les Turcs obtinrent la création d'un nouveau Traité
de paix qui eut lieu à Lausanne pendant plusieurs
mois et qui fut ratifié par les belligérants le 24 juillet
1923. Comme tout accouchement, celui-ci se fit
dans la douleur. Une douleur particulièrement aiguë
pour les populations contraintes au déracinement
et au retour dans le pays d'origine parfois très
ancien. Ainsi naquit la nouvelle République de
Turquie et furent dessinées définitivement les frontières
des pays environnants. Le passé et l'avenir
d'une région stratégique du monde étaient définis
en quelques dizaines de pages.