Identification de la violence, violence de l'identification

Il n'est pas de jour sans son avalanche de violence annoncée.
La Kultur n'a manifestement pas réglé le progrès de l'humanité qu'attendait
Freud pour que nos pulsions soient domptables.
L'intolérance à l'autre et sa différence, à l'hétérogène, règne en maître
suprême dans l'inconscient.
L'identification se fait plutôt du côté de l'agresseur que du côté de la victime
; n'aurions-nous donc plus d'autre modèle pour juguler nos identifications
violentes que celui du religieux ?
Le politique aurait-il fait long feu en rendant impuissant le modèle
démocratique face aux assauts des sectarismes de plus en plus virulents ?
La psychanalyse et son éclairage sur l'inconscient permettrait-elle au
sujet d'échapper à ses identifications les plus sombres ?
Que peut apporter le discours analytique au sujet, pris au un par un,
face aux énoncés collectifs qui le mènent si souvent à s'identifier au chef ou
au leader, laissant, par ce même acte, la responsabilité de son désir dans les
mains d'un grand Autre violent ?
Ce sont, ici, des questions, que des psychanalystes proposent, dans le
contexte polylingue et pluriculturel de l'île Maurice, à des écrivains, des
linguistes, des psychologues, afin que, de la diversité même, puissent surgir
de nouvelles questions.