Livre de vieillesse

Laurent de Premierfait (vers 1370-1418) a connu une brillante carrière
de traducteur. De sa Champagne natale à la cour de Charles VI,
cet érudit et fin latiniste fréquente les milieux humanistes de
l'époque, participe à la vie littéraire de la cour avignonnaise, compose
des vers latins qui font sa renommée. D'influents mécènes le protègent
et lui commandent des traductions de Boccace ( De casibus virorum
illustrium, Decameron ) et de Cicéron ( De senectute, De amicitia ). Ces
traductions s'inscrivent dans le sillage d'une politique culturelle visant à
rendre accessible à un public seigneurial des textes jugés utilitaires ; or,
se révélant de véritables «best-sellers», ces textes seront à plusieurs
reprises révisés, cités, voire utilisés à des fins de propagande tout au
long du XVe siècle. Le travail de Stefania Marzano rend accessible pour
la première fois le Livre de vieillesse (1405). L'édition est établie sur la
base du manuscrit BnF lat. 7789, exemplaire de présentation au duc de
Bourbon, vraisemblablement autographe. Ce codex, qui présente une
rare disposition bilingue comprenant à la fois l'original latin et le texte
français, semble nous transmettre, et dans la forme et dans le fond, la
théorie de la traduction d'un des intellectuels les plus connus de son
époque.