Propos de table

Depuis l'époque homérique le banquet était au
coeur de la vie sociale des Grecs et des Romains, qui
ne manquaient jamais une occasion de festoyer.
Si, dans ses Propos de table , Plutarque nous décrit
ce que l'on mangeait et buvait, il n'oublie pas ce qui
rehaussait l'ornement d'une table de qualité, c'est-à-dire
les convives (hommes de lettres, politiciens,
orateurs, médecins célèbres), et surtout la teneur des
conversations, qui a donné son titre au recueil.
Ces assemblées d'esprits vifs et curieux, ces réunions
d'excellents causeurs se déroulaient dans une ambiance
gaie et détendue, mais, misogynie oblige, les femmes
n'y étaient pas admises, même s'il arrivait que certains
invités fussent accompagnés d'une courtisane ou de
leur éphèbe favori.
Plutarque et ses amis y apparaissent comme des convives
de bonne compagnie, des modérés, des observateurs, et
leurs points de vue, exempts de partis pris, sont très
révélateurs de l'état d'esprit des hommes cultivés de ce
temps. Et si nombre de leurs affirmations semblent
aujourd'hui controuvées, voire saugrenues, ces Propos
restent une évocation de la vie sociale et des moeurs
domestiques sous l'Empire, pleine de détails étonnants ou
savoureux, qu'on découvre avec gourmandise.
On aurait bien aimé être de ces fêtes !