Chrétiens de Béziers et du Biterrois : terre de mission, terre pour la mission : actes du colloque tenu au Centre Du Guesclin (Université Paul Valéry, Montpellier) III, Université et recherche en Biterrois, 30 novembre 2002,

En dépit de l'esprit anticlérical qui s'est développé dès les
premières années du XIIe siècle, de la croisade des Albigeois et
du massacre de 1209, Béziers et le Biterrois ont paru
profondément ancrés dans le catholicisme. La géographie
religieuse de l'époque moderne oppose, de part et d'autre du cours de
l'Hérault, un Languedoc oriental dominé par le protestantisme (les diocèses
de Nîmes et de Montpellier) et un Languedoc occidental où triomphe le
catholicisme (le diocèse de Béziers). Cette prédominance doit certainement
beaucoup à l'empreinte cléricale dans la cité épiscopale et au rôle des
évêques Bonsi, dynastie d'Italiens de Florence au service du Roi et de
l'Église. Les temps contemporains ont une autre physionomie. Le Biterrois
s'y présente à la fois comme un foyer de vocations missionnaires et une terre
de mission, à tel point que l'adage courant, dans les dernières années du
XIXe siècle, est que si Jésus «reparaissait sur terre, ce sont les gens de
Béziers qui le crucifieraient à nouveau»...