Meuse l'oubli

«Des jours durant, j'ai décliné le visage et le nom : "Paule, ma
Paule, ma petite Paule du bord de mer, du centre des terres
sous les volées d'orage, des soirs de Gand et de Lille", j'ai brassé
ses cheveux et sa nuque, ses épaules et ses cuisses, le rire dans
ses yeux, et je tentais de l'unir, ma Paule en allée, à l'impossible
mot... morte, morte, morte... »
Face à la perte de Paule, le narrateur fuit les lieux où ils ont vécu
et finit par s'installer dans le village de Feil, sur la Meuse. Dans
ces paysages nostalgiques et cette atmosphère brumeuse, la présence
de Paule devenue obsédante se mêle aux souvenirs d'une
enfance douloureuse.
Dans Meuse l'oubli , Philippe Claudel évoque avec talent le renoncement
et l'acceptation du deuil, et restitue avec justesse et
pudeur cette souffrance que seul le temps atténue.