La faïence et la terre vernissée d'Auvillar

Auvillar en Tarn-et-Garonne, l'un des plus
beaux villages de France, domine du haut de
sa «roche» la moyenne vallée de la Garonne à
80 km de Toulouse et 120 de Bordeaux. Une vingtaine
de manufactures y ont fonctionné des années 1740
à 1909 en bénéficiant de son port sur le fleuve et d'un
environnement économique et social favorable aux
investissements. Après avoir profité de l'essor de la
faïence, les fabricants ont su évoluer avec le marché à
la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle, puis se reconvertir avec lucidité
dans la terre vernissée (la «faïence grise») après 1840,
mutation qui permit le maintien de l'activité jusqu'au
début du XX<sup>e</sup> siècle. Si les grands centres du XVIII<sup>e</sup> siècle,
Rouen, Nevers, Moustiers, Strasbourg, ont influencé
les décors qui figurent sur les productions auvillaraises,
on ne peut que constater la remarquable faculté
d'appropriation de ces décors par les peintres locaux. Au
XIX<sup>e</sup> siècle, l'identité des faïences d'Auvillar est encore
renforcée par le choix d'une iconographie et d'une
polychromie qui privilégient avant tout l'impact visuel,
de même que par l'utilisation de systèmes décoratifs
spécifiques qui permettent de mieux les identifier.
Le grand public n'en connaissait que des aspects limités.
Il était donc indispensable de révéler enfin la variété,
l'ampleur et la qualité de «l'Auvillar». Pour la première
fois, l'histoire des faïenceries et l'évolution des décors
sont abordées dans une approche globale, fondée sur
des recherches d'archives et des découvertes inédites.