Petit traité du libre penseur

Si le duel entre religion et athéisme a
depuis toujours été le bouillon de culture
de la libre pensée, ce Petit traité essaie
de montrer d'autres terrains définitoires
du libre penseur. Il s'ouvre ainsi à des
nouvelles généalogies. Schopenhauer et
Nietzsche sont les premiers monolithes ;
il y a en aura d'autres. Des analyses
concernant la confrontation entre raison
et religion, sexualité et monde, vie et
mort, Socrate et Jésus, constituent la
partie théorique où une telle pensée
s'exerce. Une deuxième, essentiellement
politique, nous introduit à travers des
noms et des événements majeurs tels
que Hiroshima et Nagasaki, Fukushima
et Tchernobyl, Auschwitz et Goulag,
aux cadres constitutifs du présent. Ici
on se confronte à des questions telles
que : l'énergie nucléaire efface-t-elle les
frontières entre le militaire et le civil ?
Lénine est-il responsable du Goulag ?
Que cache-t-elle la notion du stalinisme ?
Devrait-il avoir un Nuremberg du
communisme ? Des questions que le libre
penseur, qui se définit, lui, par le goût
revendiqué de la conscience alerte, ne
peut pas ne pas se poser. C'est aussi par
là que le livre tente de cerner le terrain
d'un engagement politique ponctuel,
transitoire, jouissif et autonome, au-delà
d'un programme ou d'un parti déjà défini
préalablement et comme seule projection.
Max Stirner et Oscar Wilde sont ici les
traces suivies. Ce livre apporte donc, dans
une certaine globalité, les arguments qui
permettent de définir un libre penseur.
Il peut en avoir d'autres. Dans l'attente
de sa formulation, ce sont eux, pour le
moment, qui, selon l'épigraphe, justifient
le terrible et heureux fait d'exister sur
cette Terre, surpeuplé ou pas.