Les chevaliers teutoniques

Né à la fin du XII<sup>e</sup> siècle en Palestine, «l'Ordre de l'hôpital Sainte-Marie-des-Allemands
de Jérusalem» est le petit frère des Hospitaliers et des Templiers.
À l'instar de ces ordres militaires, c'est une institution semi-monastique, où
des frères chevaliers mènent une vie commune qui se partage entre activités
militaires et obligations de nature religieuse. Dès le Moyen Âge, ces frères
sont appelés chevaliers «allemands» ou «de l'Ordre allemand». La tradition
en France a retenu l'appellation de «chevaliers teutoniques».
Cette synthèse se propose d'éclairer une histoire pluriséculaire, éclatée en
de multiples lieux, du Levant jusqu'au rivage de la Baltique, de la Sicile à la
Bourgogne, en privilégiant les pans oubliés de l'histoire des Chevaliers : en
particulier l'histoire de l'Ordre teutonique après la période médiévale et les
développements du mythe teutonique. Ébranlé par la Réforme, annihilé par
Napoléon, persécuté par Hitler, l'Ordre a plusieurs fois frôlé l'anéantissement
complet ; à chaque fois il a su tant bien que mal renaître de ses cendres.
Aujourd'hui encore, devenu un ordre de prêtres et de religieuses, il mène une
existence discrète en Europe centrale, se consacrant à des missions d'ordre
humanitaire, un peu à la manière de l'ordre de Malte.
L'ouvrage est bâti autour d'une histoire politique et militaire : le récit des
combats en Palestine, puis en Prusse et en Livonie, la place politique
de l'Ordre dans la chrétienté médiévale, enfin sa progressive rétraction
à l'époque moderne. Mais le lecteur y trouvera également des aperçus
économiques, sociaux et religieux sur une institution et un État qui lui est
consubstantiellement lié, la Prusse médiévale.
Ni tentative de réhabilitation, ni variation sur le mode de la légende noire,
cet ouvrage s'offre tout simplement de retracer le destin singulier d'un avatar
de l'esprit des croisades, qui domina jadis un territoire partagé entre cinq
États actuels de l'Est européen, avant de se replier en terre d'Allemagne.