Problèmes politiques et sociaux, n° 908. Les risques naturels et technologiques

Face aux risques tant naturels que technologiques ou industriels,
la vulnérabilité des établissements humains semble
s'accentuer. Les catastrophes largement médiatisées comme
les séismes de Kobé (Japon, 1995), d'Izmirt (Turquie, 1999) de Bam
(Iran, 2003), ou le raz de marée qui a fait près de 150 000 victimes
dans l'océan Indien le 26 décembre 2004, les cyclones dévastateurs
dans les Caraïbes et aux États-Unis en 1992 puis en 2004, les inondations
en Europe centrale et occidentale depuis trois ans, tout
comme les redoutables incendies forestiers, mais aussi de graves
accidents industriels (Toulouse en 2001, Ghislighien près de Ath en
Belgique en 2004), attestent de la montée en puissance de ces
risques et de leurs conséquences, notamment sur le milieu urbain.
Mais à côté de ces événements catastrophiques, de nouveaux
dangers s'affirment qui se caractérisent plus sournoisement par
leur temporalité durable et leurs effets réels, supposés ou redoutés
sur la santé publique. Ces nouveaux risques résultent essentiellement
des activités industrielles ou technologiques, sources
de nuisances, de rejets, susceptibles de polluer l'air, les eaux, les
sols, l'alimentation, partant d'être responsables de pathologies
affectant les populations, notamment les plus fragiles.
Les responsables nationaux se voient désormais dans l'obligation
d'intervenir en conformité avec leurs prérogatives de puissance
publique relative à la sécurité. Au cours des dernières décennies,
les réponses sont passées d'une attitude de simple prudence
à des stratégies élaborées de prévention et, plus récemment
encore, à des actions fondées sur le principe de précaution que
consacre notamment en France, la Charte de l'Environnement introduite
dans la Constitution.