Et Verbum caro factum est. Et le Verbe s'est fait chair

«Les périls peuvent surgir, la misère s'abattre sur eux avec la persécution, la
tempête peut souffler, ils ne se courbent point, mais restent debout, les yeux fixés
vers le royaume et pleins de la lumière céleste. Leur paix intérieure plane au-dessus
des troubles sociaux et de toutes les ruines. Leur sérénité va plus loin encore, ils ne
disent point : que mangerons-nous demain et de quoi nous vêtirons-nous ? Ils savent
que le Père céleste leur donnera, au moment opportun, de quoi pallier à leurs besoins
urgents. Pour eux, la douleur, la faim et la misère sont des points de résistance
engendrés par la matière sur la route royale de l'ascèse et qui provoquent la
séparation apparente, mais la réunion effective, en l'unité du ciel, des âmes
sanctifiées.
Cet esprit d'acceptation volontaire, de détachement et de confiance absolue, ce
rayonnement intérieur est encore un don du Christ, le plus beau, peut-être. Si les
hommes se laissent guider par la sérénité au lieu de se souvenir périodiquement de
leur brutalité animale, la paix règnerait sans doute entre les individus et les nations
et l'humanité marcherait d'un pas assuré vers sa fin dernière. Mais la majorité des
humains est aveuglée par les intérêts matériels, ils se refusent à la grâce et méprisent
la paix intérieure comme une pusillanimité ; la lumière divine frappe leurs
intelligences opaques, elle se réfléchit et les laisse dans les ténèbres.»