Viktor Vavitch

Viktor Vavitch

Viktor Vavitch
Éditeur: Calmann-Lévy
2008745 pagesISBN 9782702138700
Format: BrochéLangue : Français

Étudiants et étudiantes en révolte, attirés par le terrorisme ; ouvriers séduits par le

marxisme et la lutte révolutionnaire ; libéraux contestataires, rêvant simplement de

réformer la Russie ; autorités qui, conscientes que quelque chose couve, veillent au

grain... C'est dans cette atmosphère de sourde effervescence que s'ouvre le roman-fresque

de Boris Jitkov, considéré par Pasternak comme «le meilleur sur la révolution de 1905».

La roue de l'histoire, en effet, et avec elle la narration, ne tarde pas à s'emballer : grèves,

manifestations, combats de rue, répression, réaction débouchant sur des pogromes d'une

violence inouïe constituent la trame de ce Viktor Vavitch aussi chaotique, animé, fracassant

que les événements qu'il évoque.

Sur ce fond d'agitation empreinte d'espoir, mais se soldant par un noir désespoir, Boris

Jitkov sème ses personnages dont les destins, pleins de promesses, avorteront pour la

plupart, à l'image de la révolution manquée de 1905 : il y a Viktor Vavitch qui rêve de galons

d'officier mais se retrouve dans la police ; il y a Bachkine qui se veut «un type bien» mais

devient indicateur ; il y a le jeune Sanka Tiktine qui n'est guère convaincu par la révolution :

le roman s'achèvera pourtant sur son envoi en relégation à Viatka ; il y a sa soeur, Nadienka,

amoureuse d'un ouvrier au coeur de l'action clandestine ; il y a la jeune Taïnka, soeur de

Vavitch, qui aime à la folie le flûtiste juif Israëlson...

Foisonnement de personnages, chaos de couleurs et de sons, Boris Jitkov livre ici le film de

1905, transformant le lecteur en spectateur et auditeur. L'écriture, très cinématographique,

joue à merveille de la suggestion, de l'ellipse. Constamment au plus près de son sujet, Boris

Jitkov ne décrit pas, il saisit des images, s'y arrête un instant, nomme parfois, pour aussitôt

se hâter ailleurs.

Le «dernier grand roman russe», a-t-on dit de Viktor Vavitch. Le dernier, en tout cas, à

offrir cette écriture qui place la langue et la poésie au-dessus de tout, à l'instar des oeuvres

d'un Gogol, d'un Biély ou d'un Zamiatine.

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