Les dilemmes de l'identité aux confins de l'Europe : le cas roumain

Les dilemmes de l'identité aux confins de l'Europe :
Le cas roumain
COMMENT PEUT-ON ÊTRE CE QUE L'ON EST ? Tactiquement reformulée par Valéry, la fameuse question soulevée par Montaigne n'a jamais cessé de stimuler tel ou tel imaginaire collectif à projeter des espaces originaires mémorables et des scénographies symboliques élaborées.
Ne pas être perçus par les Européens comme de Bons Sauvages fut le rêve le plus précieux des Roumains, ravagés par un dilemme dont la version tranchante lancée par Cioran à Paris ne faisait que tirer au clair : « Comment peut-on être Roumain ? » C'est pourquoi, au cours de leur histoire moderne - pour ou contre les Modèles, pour ou contre le dépaysement, pour ou contre un européisme emphatiquement assumé -, ils se sont obstinés contre « ... le ridicule de leur existence particulière ».
Placé dans un tel système de repères, « le cas roumain » nous incite à suivre de près un trajet tortueux, le long duquel les projections culturelles de toute identité nationale glissent inéluctablement vers la stéréotypie et vers le lieu commun.