Phénoménologie et individuation : la vie du corps

La perception nous ouvre à un monde sensoriel, à
un déploiement des sens qui se cristallisent dans
un corps : elle est ouverture, orientation du vivant
dans un monde polarisé, comme chez Simondon.
La phénoménologie de la perception, et la perspective
génétique de Simondon postulent en amont
une théorie du corps percevant comme reconnaissance
d'un «foyer» préindividuel qui précède la
pensée objective : percevoir, c'est «prendre à
travers» l'expérience continuelle de choses changeantes
la possibilité d'une unité de soi-même sans
réduire le mouvement qu'elle imprime en nous, et à
notre conduite. La perception est du domaine du
préindividuel, qui s'aligne sur une détermination
du sujet comme investissement de son corps et de
sa motricité : le préindividuel, possibilité ontologique
du mouvement, du sujet qui peut se mouvoir
dans le monde et en cela ne jamais pouvoir achever
sur un mode constituant sa conscience des choses -
idéal d'adéquation, est bien ce champ de spatialisation
originaire du sentir, de l'indéterminé du sentir
que vit notre corps dans son expérience du monde.