L'opéra et le désir : passe et impasse de la voix

Depuis toujours, l'opéra fascine : peut-être parce qu'il tente, plus que tout
autre création artistique de retrouver l'objet perdu : la Voix.
Trois opéras : Don Giovanni de Mozart, l'opéra des opéras, Il mondo della
luna de Haydn, à la frontière du baroque et du classique, Il matrimonio
segreto de Cimarosa, trois opéras dirigés musicalement par Marie-Christine
Forget et mis en scène par Jean-Michel Vivès, dans le cadre du Festival de
Gattières, «le village le plus lyrique de France», ont mobilisé l'intérêt
d'éminents spécialistes, psychanalystes et musicologues (Jean-Pierre Winter,
Alain Didier-Weill, Michel Poizat...) autour de questions essentielles telles
que : le Désir, l'illusion ou l'inquiétante étrangeté.
La lecture des différentes interventions laisse apparaitre qu'à travers ces
trois thèmes centraux de la psychanalyse se pose la question plus générale,
pour paraphraser Lacan, du chant et de la fonction de la parole et de la
musique dans l'opéra.
M.Poizat : «La musique, c'est le langage moins le sens disait Levi Strauss, le
discours de Don Juan, c'est le langage dans l'illusion du sens...
Avec Don Giovanni, pour la première fois, une oeuvre d'opéra participe
directement de la création d'un mythe...
Dans cet opéra, l'effet de subversion de la parole se produit par la présentification
de la Voix comme telle, notamment par le cri.».