Par le cor et la grenade

« Je t'emmène, je t'emmène » semblent scander les roues du rapide qui, le 15 septembre 1959, conduit René Drelon, dit Corquoy, à l'École des brigades des Douanes à Montbéliard, vers une nouvelle étape de sa vie... une nouvelle carrière au service de l'État. Des uniformes, il en a portés comme militaire, de l'Armée de libération à l'artillerie coloniale. Revêtir celui des gabelous ne lui déplaît pas.
René Drelon, premier prix du concours autobiographique « Pour la mémoire des Douanes », n'a rien oublié de son entrée « en Douanes » ni de ses années au sein de cette Administration dont le fonctionnement lui apparaît si voisin de celui de l'Armée. Dans son récit « Par le Cor et la Grenade » il raconte son recrutement, sa formation à Montbéliard, sa vie de douanier à la poursuite des fraudeurs, des frontières du Nord à celles des Pyrénées. Il y dresse un tableau pittoresque et plein de contrastes des brigades douanières au fil de ses affectations. Il se remémore les contrebandiers... la Marie grandes dents, le Barbu de Fleurbaix... A travers ses souvenirs savoureux et cocasses il fait découvrir la Douane d'autrefois. Comme le dit si justement René Rémond, il est « un bon guide » pour qui « ne sait à peu près rien de la Douane, de ses origines, de son histoire, de ses activités traditionnelles, comme des grands changements qui l'ont affectée récemment » .
L'auteur sait manier l'humour, la truculence de la langue, tracer des portraits, mettre en scène de manière forte et imagée. René Drelon a de vraies qualités littéraires. « Le lecteur les découvrira avec gourmandise. La narration est vive, enlevée. On ne s'ennuie pas un instant » . René Rémond, membre de l(Académie française, président du jury « Pour la mémoire des Douanes ».