Voyage hors barrières

Gautier se souvient sans doute des burlesques de l'âge
baroque, de Saint-Amant, de Cyrano et de Scarron. Ces
rapprochements calculés évoquent pour nous les rencontres
fortuites du Surréalisme ; ils ne sont qu'une composante
entre autres de l'écriture de Gautier, alchimie complexe par
l'opération de laquelle l'horreur, dans le Voyage hors
barrière , devient source de beauté. (...) Une charogne , tout
particulièrement, peut passer pour le génial épigone
poétique de Montfaucon. Chez les Naturalistes, les tableaux
d'hôpital de Soeur Philomène se rapprochent de La leçon
d'anatomie. Le «reportage» sur la fête de la ducasse dans
Germinal , hallucinant comme une descente aux enfers, est
de la même veine que La barrière du combat. La rêverie
décadente d'un Des Esseintes sur la syphilis qui ronge le
monde est écrite parallèlement à La ville des rats.
Jean Claude Brunon*, (extraits de la préface)