Revue des collèges de clinique psychanalytique du champ lacanien, n° 11. Ce qui nous affecte

LACAN, tout au long de son enseignement, précise et nuance l'importance de l'affect
pour l'être parlant. À la suite de Freud, il donne un statut particulier à l'affect d'angoisse,
affect fondamental qui contrairement aux autres affects, ne trompe pas sur sa cause :
l'imminence du réel et l'imprévisibilité du désir de l'autre qui surprennent le sujet.
Avec ce thème, «Ce qui nous affecte», l'accent est porté d'emblée sur la distinction à
faire entre, ce qui affecte, le langage, et ce qui est affecté, le corps.
L'affect est un effet : celui de l'incorporation de la structure du langage, dès les premiers
ancrages langagiers de jouissance dans la lalangue maternelle.
Sont examinés ici, les modalités et les limites de cette incorporation, notamment dans la
psychose ou dans les expériences de jouissance féminine. L'affect y est envisagé dans
son ancrage pulsionnel (sur l'axe satisfaction/insatisfaction), dans le lien au désir de l'Autre
(assujettissement ou séparation), dans sa dérive signifiante (glissant de représentation en
représentation, il trompe sur sa cause) et dans son rapport au réel.
Est questionnée l'apparition des affects propres à la situation analytique, ceux liés au
transfert et au savoir insu de lalangue. Les affects, soumis à l'éthique du bien-dire, se
modifient au cours et jusqu'en fin d'analyse et sont transmis dans la passe.