Les serviteurs sont fatigués : les maîtres aussi

Cet essai décrit le retour de la figure très ancienne
de l'affrontement du serviteur avec son maître, au coeur
des rapports capitalistes contemporains, au temps de la
crise sans fin de la démocratie libérale.
La dérégulation généralisée des relations entre le
capital et le travail, la disparition toujours accélérée
des emplois à statut, la «flexibilisation» du travail
(c'est-à-dire la précarisation croissante des salariés),
se conjuguent avec la crise de la représentation qui
dépouille les couches populaires de ce qui leur restait
de capacité politique.
C'est dans ces conditions que revient en force, avec
les nouvelles formes d'exploitation, d'aliénation et de
mépris social, la figure du serviteur. C'est ainsi que se
dessine, au fil du processus de globalisation, le nouveau
visage de la subalternité.