Une montagne

« enfin quelques nuages et la lumière creusant et dessinant au ciel
un entrelacs fuyant de lignes de crêtes / une montagne encore /
une autre enfance comme pluie tiède sur mon corps nu / et le passage
du col dans le lointain défilé des nuages / démaillés en abîme »
« ciel bas et blanc elle m'enveloppe, sphère parfaite / sont-ce là
projections de poète ? ou l'écriture, la respiration en ma chair de vents
fous élevant en profondeur cette terre promise ? »
« sur la route, à travers la plaine, dans le soleil de l'hiver,
je me demande soudain pourquoi écrire les intermittences d'une
montagne si sûrement là en moi même lorsqu'elle n'y est pas »
L'écriture poétique de François Coudray nous invite à cheminer à
travers des paysages ; «on peut songer à des marches [...]. On va
d'intérieur en extérieur sans passages perceptibles» (Odile Fix).
Elle interroge ainsi ce vers quoi cette «montagne» fait signe :
l'enfance, le temps du père, et cet autre enfant, «toujours un pas
devant»...