Alice Guy, Léon Gaumont et les débuts du film sonore

La société Gaumont a été au début du XXe siècle à l'avant-garde
de la technique cinématographique, en innovant notamment dans
le domaine du son et de la couleur. Les essais, finalement
réussis, de synchronisme entre les sons sur disque et les images
animées, représentent une avancée décisive dans ce domaine. Le
chronophone Gaumont, avec ses «phonoscènes» et ses
«filmparlants», a proposé durant une longue période un
spectacle réjouissant et innovant, reposant d'une part sur l'univers
du music-hall, de la chanson et du monologue, d'autre part sur
une technique révolutionnaire de synchronisme et d'amplification
du son. Léon Gaumont, avec beaucoup d'énergie et de
volontarisme, a su développer au sein de son entreprise un
secteur dédié à la recherche du cinéma sonore ; cette recherche
s'achève à la fin des années 1920 avec la mise au point du
système optique Gaumont-Petersen-Poulsen.
Gaumont n'a pas été le premier ou le seul, à son époque, à
vouloir résoudre le problème du cinéma sonore. Bien d'autres
entreprises parallèles ont proposé des systèmes intéressants.
Cependant c'est le Vitaphone américain, qui n'est autre que le
chronophone Gaumont amélioré, qui triomphera - au moins
pendant un certain temps - sur les écrans.
Autre idée moderne avancée par Gaumont : confier la production
de films à une jeune femme, Alice Guy. Sous sa direction, les films
de fiction et ceux du chronophone atteindront une ampleur
considérable. Mais quels sont exactement les films réalisés par
Alice Guy ? Quand débute-t-elle réellement ? Les documents
d'archives permettent d'éclaircir certains mystères.
Plusieurs études rassemblées dans cet ouvrage reposent sur des
documents inédits ou jusqu'à présent inexploités. Une large
iconographie, non encore publiée, permet d'apprécier la beauté
des appareils construits par Léon Gaumont et la rareté des
archives de cette société.