Transe et thérapie, sur les traces de Dionysos

Sur la traces de Dionysos, jaillissement de la vie dans son
principe essentiel et unique, la transe nous ramène à un avant où la
Nature est source de révélation. Extase et débordement, elle est le
porte parole de ce dieu qui apporta aux Hommes «ganos» l'ivresse
sacrée. Surnommé le «libérateur», il confronta les édifices des
Hommes, le «moi», l'ego, la personnalité, au renouvellement du
chaos. Comment l'entendre aujourd'hui ? De tout temps la transe
est associée au rituel, aux dieux, et au soin. Messagère des anciens
cultes de la déesse, on la retrouve par ci par là dans le monde au
cours de pratiques collectives où percussions, chants, danses,
ferveur, prières initient une rencontre avec l'au-delà. La transe
évoque à la fois l'étrangeté et la folie, la communion mystique et la
possession, le sauvage et le primitif, la pathologie et l'extraordinaire.
Mais, au-delà des différences culturelles, cette épopée paraît
étrangement similaire. L'expérience en elle-même, avant tout
sensitive et corporelle, reste le témoin «a culturel» d'un processus
de transcendance reliant l'Homme à une universalité. Nous vivons
dans un monde anti transe et pourtant elle s'immisce de plus en
plus dans la vie de tous les jours, les drogues, les «rave party», la
musique. L'utilisation de la transe dans le champ psychologique a
révélé d'autres approches thérapeutiques étayées sur des forces de
régénération innées. Le corps, l'expansion énergétique de la transe,
détiendraient les clefs d'une guérison, celle du souffle de la vie, et
ouvriraient à nouveau le dialogue entre âme et psyché. Inspiré par
Dionysos, par les mystères d'Éleusis et Orphée, par l'âme indigène
des Amériques, cet ouvrage ramène la transe à notre culture et à
notre mémoire.