Confessiones et nationes : discours identitaires nationaux dans les cultures chrétiennes : Moyen Age-XXe siècle

Y a t-il, du Moyen Âge à l'époque contemporaine, une asymétrie
des relations entre confessions et nations qui caractérise les
chrétientés grecque et latine en Europe ? Le présent volume réunit
quinze contributions sur ce sujet et deux à titre de comparaison
avec d'autres zones géographiques.
Chez les chrétiens orthodoxes, la terre russe et son peuple sont
sacrés ; dès le Moyen Âge, on célèbre la «Sainte Russie» qui,
«Nouvelle Jérusalem», est en réalité une Terre sainte transposée
sur la Rus'. Au contraire, chez les latins c'est à la forme de l'État -
Empires respectueux des réalités territoriales ou monarchies - qui
trouve dans la religion son fondement obligeant ainsi les sujets à
être fidèles à leur souverain. Restent des formes intermédiaires qui
se trouvent dans les nations multiconfessionnelles telles la
Confédération polono-lituanienne de l'époque moderne ou le
projet d'Ukraine de l'époque contemporaine. Quant au monde
latin, à l'époque contemporaine, il évolue sur son territoire vers la
définition laïque de la nation alors que dans ses colonies il s'appuie
sur l'action des Ordres catholiques pour s'implanter. Enfin, hors du
monde chrétien, le Japon présente avec le confucianisme un
exemple d'instrumentalisation du domaine spirituel par les élites
au profit de l'ordre social.