Image et manipulation : actes du 6e congrès international du GRIMH, Lyon, 20-21-22 novembre 2008 : hommage à Roman Gubern

Le 6e congrès du Grimh a choisi pour thème "la manipulation" qui s'est
décliné en trois axes : mentir, séduire et travestir
Mentir : Le mensonge de l'image ou le mensonge à l'image. En quoi
l'image est-elle susceptible de «mentir», de ne pas dire vrai ? Est-elle
capable de nier le réel par prétérition (l'espace restreint, le temps limité,
modifié). Le noème de l'image n'est-il pas dans sa continuelle façon de
mentir ? Mentir pour ne pas dire et mentir pour embellir : «Une des
principales causes du caractère curieusement banal de toute la littérature
de notre époque est de toute évidence le déclin du mensonge considéré
comme art, comme science et comme plaisir social.» (Oscar Wilde,
Le Déclin du mensonge). Mentir peut également se changer en un jeu
social (vamos a contar mentiras, aventis...)
Séduire : La séduction iconique se fonde sur une attirance - ou un rejet
- qui construit le rapport du récepteur à son objet. D'où les phénomènes
d'identification, de désir... qui s'inscrive dans le punctum iconique qu'il
s'agisse de la photo ou du cinéma. Ainsi tout phénomène publicitaire -
au sens extensif du terme - vise à capter la bienveillance du récepteur
et met en place une stratégie de la séduction. Une attention toute particulière
sera portée sur la figure du «séducteur» du don Juan au latin
lover, sur la question du «donjuanisme» et du genre ou du sexe. La
captatio comme stratégie de séduction.
Travestir : Le travestissement n'implique pas une négation du réel
mais l'un de ses accommodements. Dans le travestissement, le réel est
dénoncé, les valeurs sont perverties et les ambiguïtés se multiplient. De
la tradition classique au théâtre aux formes plus modernes et sociales
du travestissement (drag queens, mimétisme enfant/adulte) c'est toute
un jeu d'inversion qui vise à sinon remettre en question les fondements
d'un système tout au moins à en déceler les fissures.