Les gardiennes du feu : le vécu d'une fermière du Maine au XXe siècle

Laure Levacher-Renoult est née dans une ferme de Teille, dans la Sarthe, quelques mois avant la déclaration de la Première Guerre mondiale. Son père est maire de la commune et l'exploitation est importante pour l'époque.
Après l'école primaire elle est envoyée au Mans comme pensionnaire jusqu'au brevet supérieur et aimerait devenir journaliste ou institutrice. Mais un grave accident d'automobile cloue sa mère au lit pour de longs mois. Adieu rêve, il faut revenir à la ferme pour remplacer la « patronne ».
A vingt et un ans elle épouse un jeune fermier de Torcé-en-Vallée et doit accepter la promiscuité d'une belle-mère omniprésente qui se charge d'élever les enfants du couple.
Pour la jeune mère, les travaux de la ferme occupent entièrement son nouvel univers. Levée aux aurores, couchée la dernière, elle devient la gardienne du feu, soumise à une tribu.
Heureusement, en cachette, elle couvre d'une écriture appliquée des cahiers dans lesquels elle confie ses espoirs, ses regrets, elle chante la nature, les oiseaux, les fleurs, sa passion pour la vie rurale.
Ce n'est que parvenue à l'âge du repos qu'elle pourra enfin se consacrer à ses treize petits-enfants et à ses vingt-sept arrière-petits-enfants, les recevant toujours avec plaisir dans sa grande maison.
Disparue en février 2006, elle laisse des recueils de poèmes admirables, riches du terroir sarthois, de sensibilité exacerbée par le sentiment de n'avoir pas réalisé ce dont elle avait rêvé.