La rue choisie

«La rue, c'est le seul endroit où j'ai pu dire de quoi j'avais envie sans qu'on se
moque de moi». De telles paroles introduisent directement au sens de la rue
«choisie».
Cette rue à jamais ouverte sur des expériences qui s'essayent, sur des libertés
qui balbutient, sur des créations qui s'improvisent, pour des personnes en
équilibre permanent entre rue «subie» et rue «choisie».
C'est ici, à cette rue «choisie» que mes propos se réfèrent. J'ai volontairement
délaissé la rue des «sans» , pour rapporter les parcours, les trouvailles, les
créations de la vie qui s'invente, des relations qui se nouent, d'une socialité qui
se découvre.
Je me suis immergé dans le monde de la rue sous la forme de l'observation
participante, et j'ai mené à bien un travail d'ethnographie sociologique par
une observation patiente entrecroisée de longs entretiens avec les personnes.
C'est à la sociologie de l'imaginaire que j'ai emprunté les outils qui ont permis
une lecture en profondeur de ce qui fait sens pour les personnes qui vivent
ce monde.
Ainsi, là où nous pourrions être tentés de considérer que «s'en sortir», c'est
échapper à la rue, dans «La rue choisie» , «s'en sortir» se manifeste par la
volonté affirmée que «la rue est le lieu» où se choisit la vie. L'esprit créatif, la
liberté et le plaisir comme emblèmes, et le sens de la fête en témoignent.
Se découvre la rue des «vraies» valeurs, celle des hommes «vrais» , là où les
personnes sont «nées à la vie».
«Et dans ce qui te donne le plus envie de continuer à vivre dans la rue ? - C'est l'aventure».