Danton et Robespierre : les deux visages de la Révolution

Danton-Robespierre : deux noms, deux destins qui évoquent
cette histoire en fusion qu'est la Révolution française. Georges
Jacques Danton, né en 1759 à Arcis-sur-Aube, et Maximilien
Marie Isidore Robespierre, né en 1758 à Arras, ont été des
acteurs majeurs de ce moment de rupture violente. Ils ont par
leurs propos, par leurs actes, par l'influence qu'ils ont exercée,
contribué à dessiner l'avenir de la nation. Figures symboliques,
leur destin les lie.
Le 5 avril 1794 (16 germinal), Danton apostrophe le Tribunal
révolutionnaire devant lequel, accusé, il comparaît : «Que l'on
nous conduise à l'échafaud, lance-t-il. Je ne disputerai point
davantage ma vie à ceux qui m'assassinent. Infâme Robespierre,
l'échafaud te réclame, tu me suis ! Peuple, je mourrai digne de
toi !» Danton est guillotiné ce 16 germinal.
Quatre mois plus tard, le 26 juillet 1794 (8 thermidor),
Robespierre intervient devant la Convention : «J'ai besoin
d'épancher mon coeur, commence-t-il. Quel ami de la patrie veut
vouloir survivre au moment où il n'est plus permis de la
servir [...] ? Pourquoi demeurer dans un ordre de choses où
l'intrigue triomphe éternellement de la vérité ? Comment
supporter le supplice de voir cette horrible succession de
traîtres ? Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner.
Je leur lègue la vérité terrible et la mort.» Robespierre est
guillotiné le 10 thermidor.
Les historiens de la Révolution française se sont souvent divisés
entre Dantonistes et Robespierristes. Même si le débat s'est
apaisé à la fin du XX<sup>e</sup> siècle, l'opinion semble avoir choisi. Danton
a sa statue à Paris, Robespierre est le terroriste, inspirateur et
modèle des dictatures.
Max Gallo
de l'Académie française