Jours de féerie : dix contes merveilleux

«A une époque de réalisme exaspéré, de
naturalisme à outrance, il semble que le
conte, et surtout le conte de fées n'intéresse
plus personne. Voilà une excellente raison
pour en composer. Quand on a toujours été à
contre-courant, il convient de faire ce que
personne ne fait. Le conte merveilleux me
sert d'antidote contre le désenchantement
cruel de notre époque.
Le merveilleux ne tient pas compte de ce
qu'on regarde comme les lois du monde réel ;
le féerique, lui, les ignore avec superbe. Voilà
pourquoi j'ai toujours mené une double vie,
un pied dans le monde réel, un pied dans
l'autre que j'ai appelé le tramonde. Cette
double existence, doublure surnaturelle et
magique, m'a permis de vivre dans le temps
mythique de la poésie. La fonction de l'imaginaire
n'est pas de fuir le réel, elle est tout au
contraire de produire le réel, ce réel absolu
qui consiste à sceller notre union avec Dieu,
avec la nature, avec les hommes.»