Mémoires de l'ombre

Les cent vingt récits brefs qui sont réunis
dans ce livre, considéré unanimement comme le
chef d'oeuvre de Marcel Béalu, forment un ensemble
aussi remarquablement cohérent que profondément
singulier, tant par leur impressionnant foisonnement
narratif que par l'univers mental qu'ils dépeignent.
Le rêve - mais plus souvent le cauchemar - ainsi
que la folie y occupent une place de choix, du moins
en apparence, car ils ne sont peut-être finalement que
la manifestation d'une incommunicabilité bien réelle.
Avec Béalu, de l'anecdote, on a tôt fait de basculer
imperceptiblement dans le questionnement
- pour ne pas dire l'angoisse - métaphysique.
C'est sans doute en ce sens que de grands critiques,
tels qu'Edmond Jaloux ou Jean Paulhan, ont vu dans
ces Mémoires de l'ombre l'une des oeuvres importantes
de leur temps.