Yves Klein, substitution

J'ai rencontré Arman en 1986 à l'occasion d'entretiens
avec plusieurs artistes de l'Ecole de Nice, destinés à la
revue Autrement. A la fin de la rencontre, à la question :
«Etes-vous satisfaite de ce travail ?», j'ai répondu à Arman
qu'il me manquait un entretien avec Klein.
- Mais moi, je peux vous le faire, m'a-t-il répondu.
A son passage suivant à Paris, cet artiste majeur m'a accordé
une entrevue, au cours de laquelle j'ai, peu à peu, à travers
une intensité de ton quasi médiumnique, d'abord rencontré
Klein, puis Yves, enfin l'«indéfinissable» essence de
l'accord, qui rend toute fiction possible...
J'étais vêtue de bleu, et la parole transportait, avec elle,
la fantomatique pureté d'une anthropométrie, «doté(e) (...)
de cette présence effective, en un mot, de sensibilité, mais
transmise par suggestion (...)»... (Y. Klein, 1956).