Frédéric Barberousse : 1152-1190

Frédéric Barberousse Hohenstaufen, roi de Germanie, d'Italie et de
Bourgogne, était à la tête d'un empire qui s'étendait de la Baltique
à l'Italie centrale, du Rhône aux portes de la Hongrie.
Pendant trente-huit ans de règne, il a tenté de consolider le pouvoir
royal en Germanie, de contrôler celui de l'Eglise et de conserver son
pouvoir sur les villes lombardes. Il rêvait de conquérir le royaume de
Sicile, de s'imposer à l'empereur byzantin et d'étendre son pouvoir
en Terre sainte. C'est d'ailleurs sur le chemin de la croisade que Barberousse
meurt comme un «martyr» chrétien.
La légende s'est alors emparée de lui, prolongée par celle de son petit-fils,
Frédéric II, et en a fait l'empereur des derniers jours, celui qui
n'est pas mort, mais endormi dans les flancs d'une montagne où il
attend la fin du monde. Richard Wagner le voyait comme le second
Siegfried, l'orgueilleux entêté qui avait lacéré la tunique du Christ,
et Dante comme le tyran cruel qui rasa Milan en 1162.
A partir d'une minutieuse étude des sources, Pierre Racine livre
le portrait d'un homme qui a donné tout son sens au pouvoir impérial
et une synthèse brillante de l'Europe au moment où, dans cette
deuxième moitié du XII<sup>e</sup> siècle, elle bâtit les premières cathédrales.