Otrante, n° 24. Mondes imaginaires

Qu'ils soient qualifiés de «mondes autres», «parallèles», «possibles»
ou encore «secondaires», les «mondes imaginaires» nés
des fictions du même nom prolifèrent dans notre culture moderne.
Plus que jamais, semble-t-il, le lecteur de fantastique, de fantasy ou
bien encore de science-fiction est un voyageur averti, un arpenteur
de territoires artificiels, créés de toutes pièces à son intention par des
auteurs rêvant moins de refaire le monde que de créer le leur en fiction.
Une fiction qui rimerait donc avec évasion, au sens d'invention
et d'exploration de nouveaux horizons.
Ce phénomène mythopoétique, à la fois ancestral et actuel, ne
saurait toutefois se réduire à une simple fuite en avant de la réalité,
tant il implique des processus et des problématiques complexes, touchant
bien sûr à la question de la création d'un «monde» à part
entière, mais aussi à celle de la recréation du monde réel ou encore à
celle de sa déconstruction par le biais fictionnel.
Ce volume d' Otrante entend dès lors offrir un examen critique de
différents «mondes imaginaires», plus ou moins utopiques, plus ou
moins vastes, plus ou moins populaires, allant du Monde de Pegana,
à celui d'Arria Marcella, d'Alice, de Narnia, de la Terre du Milieu,
d'Elric, d' Ubik , de Darwath, de la Tour Sombre, de Globalia et bien
d'autres encore...