Maison dite des Dames de la foi (Périgueux, 24)

Parmi les vestiges fragmentaires ou altérés de l'architecture
domestique de la fin de l'époque romane à Périgueux, la
maison dite "des Dames de la Foi" constitue un témoignage
remarquable tant par son état de conservation que par sa qualité
architecturale. Celle-ci fut reconnue et signalée dès le milieu du
XIX<sup>e</sup> siècle par les pionniers de l'archéologie monumentale que
furent Félix de Verneilh, Aymar Verdier et François Cattois,
auteurs des premiers relevés et publications qui en révélèrent
l'existence, avant que sa transformation en immeuble de rapport
eu raison de la belle ordonnance de sa façade. Après une longue
période de déshérence, le projet de réhabilitation de l'édifice
mené par Emmanuel du Chazaud, architecte du Patrimoine, a
suscité en 2002 une étude archéologique préalable, prescrite
par le Service Régional de l'Archéologie d'Aquitaine afin
d'étendre l'attention portée à cette demeure, jusque-là limitée
à l'ornementation de sa façade, à l'ensemble de la construction
et aux différentes phases de son évolution. La mise au jour du
décor peint apposé à la fin du XIII<sup>e</sup> siècle sur les murs de la salle
de l'étage, dont le caractère d'exception a été vigoureusement
souligné par la contribution de Pierre Garrigou Grandchamp
reproduite dans ce volume, démontre sans peine la nécessité
de l'étude archéologique préalable à toute intervention sur le
bâti ancien. Elle ne doit cependant pas occulter les résultats
moins spectaculaires de ce type d'approche qui tend à prendre
en compte toute trace aussi ténue soit elle comme une pièce
d'importance indifférenciée dans le puzzle d'une histoire
toujours en constitution. Au-delà de la reconnaissance de sa
qualité monumentale, récemment confirmée par son classement
au titre des Monuments Historiques, ce fut donc l'occasion
d'enregistrer, de comprendre et de mettre en perspective toutes
les informations que cet édifice encore relativement préservé
conservait encore, afin d'alimenter tant la connaissance de son
histoire spécifique que celle de l'habitat médiéval. C'est de cette
enquête au long cours que la présente publication se propose de
rendre compte.