Contrôle des étrangers : ce que change la loi du 31 décembre 2012 : analyse de la loi n° 2012-1560 relative à la retenue pour vérification du droit au séjour et modifiant le délit d'aide au séjour irrégulier

La loi n° 2012-1560 du 31 décembre 2012 «relative à la retenue pour vérification du
droit au séjour et modifiant le délit d'aide au séjour irrégulier pour en exclure les
actions humanitaires et désintéressées» a été mise en chantier dans la précipitation
par le gouvernement pour tenter de contourner les «obstacles» résultant de la
jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne qui rendait impossible le
maintien du délit de séjour irrégulier et, par voie de conséquence, le placement en
garde à vue des personnes sur le fondement de ce délit.
Le coeur de la loi tient donc dans la création d'une mesure privative de liberté
remplaçant la garde à vue pour permettre aux forces de police de garder à disposition
les personnes contrôlées pendant seize heures, le temps de vérifier leur droit au
séjour et d'obtenir le cas échéant un ordre de quitter le territoire.
Par ailleurs, si loi abroge le délit de séjour irrégulier, d'autre infractions subsistent
comme celle de l'entrée irrégulière sur le territoire ou celle qui consiste à se soustraire
de manière passive à une décision d'éloignement. La loi procède aussi à un toilettage
a minima des dispositions relatives aux contrôles d'identité.
Quant aux dispositions censées «supprimer» le «délit de solidarité», elles se limitent
pour l'essentiel à élargir le cercle des personnes protégées contre des poursuites
pénales.
Ce Cahier juridique, élaboré en commun par le Gisti, l'ADDE, la Cimade, la Fasti et
le Syndicat de la magistrature, analyse le contenu et la portée des modifications
apportées par la loi et attire l'attention sur un certain nombre de problèmes que
l'application des nouveaux textes ne manquera pas de soulever.