Ma drôle de guerre : récit

Notre train de nuit était bondé de permissionnaires rappelés. (...) Un peu plus loin, nous nous arrêtâmes auprès d'un convoi arrivant tout droit de Belgique. Ses voyageurs nous informèrent que leur train avait été mitraillé par les avions nazis et que « là-haut, en Belgique, ce qui se passait était terrible ». Quand nous repartîmes, une dame nous cria : « Bonne chance, mes pauvres enfants ». Décidément, la « drôle de guerre » n'était plus que souvenir : je trouvais que la guerre n'était plus drôle du tout.
René Guyomard
Ces souvenirs de guerre du Morlaisien René Guyomard sont plus qu'une autobiographie. Témoin des événements tragiques de la dernière guerre, il porte un regard distancié et critique sur les autres et sur lui-même.
Servi par une plume alerte, une vaste culture, un style souriant, parfois caustique, cet anti-héros est une sorte de Candide des temps modernes.