Mémoires sur la guerre des Français en Espagne : 1808-1810

L'ouvrage que fait paraître Albert Rocca, dès 1814, est parmi
les tout premiers témoignages sur la guerre de la Péninsule.
Première véritable «sale guerre» qui trouve en Rocca, jeune
hussard, né à Genève en 1788, mais Français par l'annexion de
1798, un témoin des plus honnêtes et impartiaux.
Très rapidement, il note que la guerre en Espagne n'a rien à
voir avec les campagnes de l'Europe du Nord où les populations
sont si peu affectées par la défaite de leurs gouvernants qu'elles
s'engagent dans les armées napoléoniennes. Ici, dans la Péninsule,
la population espagnole et portugaise, fanatisée par la foule
des prêtres et des religieux, se soulève en masse et ne s'avoue
jamais vaincue, alors même que ses armées sont défaites sur le
terrain strictement militaire.
Le tableau que dépeint Rocca est assez incroyable et nous ramène
au souvenir de guerres récentes où un état militairement
vainqueur se trouve obligé de s'avouer
vaincu par la seule volonté du peuple
opprimé et révolté...
Que n'a-t-on pas lu Rocca plus tôt !
Que n'a-t-on pas mieux étudié cette
guerre d'Espagne, matrice de toutes
les guerres de libération futures, de ces
guerillas dont le terme même provient
de cette guerre d'Espagne-là, celle de
1808 à 1814 !
La préface de C. Bourachot complète
les Mémoires en fournissant
des éléments
biographiques fort
utiles sur la vie d'Albert
Rocca.