La femme pressée

«Je suis rapide. Je n'y peux rien. Ma soeur l'est. Ma grand-mère, la
référence familiale, l'était. Mon père l'était, même s'il ne l'est plus autant
maintenant. Je viens d'une famille où celui qui n'était pas assez rapide
était tôt ou tard anéanti.»
Dans la famille Bach, rapidité et efficacité sont considérées comme
des vertus essentielles ; le père, chirurgien charismatique, ayant toujours
affiché son mépris pour les Lents et les Pas intéressants. Agnès Bach,
la narratrice, âgée de quarante-huit ans, est psychiatre. Elle a construit
sa vie avec la minutie d'un horloger. Elle économise le temps comme
un avare son argent et n'offre à son amant ou à ses amis que quelques
moments comptés. Même quand elle s'occupe de son père affaibli, elle
l'astreint à un minutage contraignant plutôt que de le laisser goûter
aux dernières joies de l'existence. Pourtant, à la faveur d'imprévus,
Agnès va voir se fissurer ses certitudes. Jusqu'à quel point réussira-t-elle
à rompre avec ses habitudes ?
Dans ce troublant portrait de femme, Imma Monsó raconte l'histoire
d'une psychiatre aussi obsessionnelle que ses patients. Son écriture,
alerte et percutante, traduit à merveille l'impétuosité de la narratrice,
son combat, parfois burlesque, contre la tyrannie du temps.
La Femme pressée a été récompensée par le prix Ramon Llull 2012.