L'identité de la France

L'identité de la France
Les débats sur notre identité n'ont rien de nouveau. Les Gaulois ne savaient pas qu'ils étaient gaulois. C'était les Romains qui les appelaient ainsi. Ils ne nous ont pas transmis leur langue et nous n'utilisons guère plus de 150 mots d'origine gauloise. Quant aux Francs, ils nous ont laissé leur nom, mais pas leur langue. Moins de 1 % de notre vocabulaire : hache, hameau, haine, orgueil, éperon, étrier, flèche, garçon, gibier, haie, haine, haricot, jardin, renard . Ces mots sont d'origine germanique, mais les Francs avaient honte d'être des Germains. Et ils prétendaient descendre des Troyens.
Encore au 16<sup>e</sup> siècle, Henri II et Charles IX demandent à Ronsard d'écrire une histoire de Francion ou Francus, fils d'Hector, qui aurait été l'ancêtre de nos rois. Ce sera la Franciade. Puis, au temps des Lumières, on veut en revenir à l'Antiquité. Montesquieu et Voltaire sont nostalgiques de la grandeur des Romains . La Convention veut rétablir le paganisme et proclame une Déesse Raison à Notre Dame de Paris. Puis elle transforme l'église sainte Geneviève en Panthéon romain. Admirateurs de Rousseau, Robespierre et Saint-Just rêvent comme lui de ressusciter Sparte. Puis Napoléon tente une synthèse de l'ancienne Rome en faisant inscrire sur ses monnaies à la fois République française et Napoléon Empereur.
Utilisant les recherches les plus récentes, ce livre tente d'éclairer une réflexion toujours recommencée sur une histoire plurimillénaire.