L'homme-machine et ses avatars : entre science, philosophie et littérature, XVIIe-XXIe siècles

Dans le contexte de la révolution
galiléenne, Descartes a fondé une anthropologie
mécaniste qui n'a cessé de se
redéfinir au fil des découvertes scientifiques
et des controverses qu'elle a suscitées :
après l'Homme-Machine, est venu l'Homme
Electrique, puis l'Homme Cybernétique. Ces
avatars signalent la constante réévaluation,
la mesure toujours reprise d'une métaphore
originaire, à la fois féconde et insuffisante,
heuristique et limitée. Au carrefour des
sciences humaines, des sciences et de
l'ingénierie, il s'agit d'historiciser cette
construction culturelle au long cours,
jusqu'à la robotique bio-inspirée et à
l'hybridation contemporaine du corps
et de la technologie. L'approche littéraire en
éclaire, elle, toute la dimension imaginaire :
de l'automate parleur au cyborg, l'innovation
scientifique est indissociable, sinon
indiscernable, d'une saillance de la fiction.
Fable philosophique, poésie scientifique,
roman libertin, conte fantastique, théâtre
satirique, roman social ou science-fiction :
ces différents genres font ainsi valoir la
compétence de la littérature pour penser la
culture de l'homme-machine, et pour faire
émerger le mécanique, le non-mécanique,
ou l'anti-mécanique, comme autant de
procès d'humanisation opérés par la
pratique symbolique.