La fin des empires

L'histoire serait-elle vouée à n'être qu'un éternel recommencement
? Cette fameuse question mérite particulièrement
d'être posée concernant la naissance et la chute des
empires. Depuis l'Antiquité, et sur tous les continents,
certaines contrées, par le fer, l'or et l'esprit, se hissent au rang
de puissance prépondérante et dominent une large partie du
monde. Or, selon l'adage de Jean-Baptiste Duroselle, «tout
empire périra» pour des raisons multiples, même si un noyau
dur d'explications peut être avancé : crises de croissance, notamment
en matière d'assimilation des populations conquises,
paupérisation économique, épuisement du modèle militaire ;
enfin et naturellement, apparition et renforcement de rivaux
intérieurs et extérieurs.
Sous la direction de Patrice Gueniffey et Thierry Lentz ,
des historiens de renom racontent et analysent le déclin et
la chute des grands empires qui ont fait le monde. Ils nous
entraînent dans le sillage d'Alexandre le Grand jusqu'au
soft power de Washington, en passant par le modèle romain
et son héritier byzantin, les empires des steppes, l'Empire
ottoman, le binôme latino-continental espagnol, précédant
le siècle idéologique (1917-1991) qui voit tour à tour s'effondrer
l'empire des Habsbourg, le III<sup>e</sup> Reich, le Japon militariste,
puis, après la guerre froide, le communisme soviétique,
héritier de l'impérialisme séculaire des Romanov.
Brisés par les deux guerres mondiales, la faillite des totalitarismes
et le déclin de l'Europe qui avait dominé le monde
depuis le XVI<sup>e</sup> siècle, les empires ont pu sembler, alors que l'on
célébrait la fin de l'histoire, condamnés au bûcher des vanités.
Seulement, si les empires trépassent, l'impérialisme ne meurt
jamais, comme le prouvent les étonnantes métamorphoses
de la Chine, l'éternel retour de la Russie, sans occulter le
poids toujours majeur des Etats-Unis.
Au final, une grande leçon d'histoire, inédite et essentielle,
pour connaître le monde d'hier et comprendre celui d'aujourd'hui.