The boss. Vol. 8

L'envie me prend de
disparaître dans la nature
à mesure que les aiguilles
de la montre avancent.
Paupières lourdes,
bâillements intempestifs,
épaules endolories... La
tentation est grande
de tout envoyer paître
quand soudain, mes yeux
tombent sur la photo de
ma fille Chae-eun qui
trône sur le bureau... C'est
mon troisième printemps depuis que la série
a débuté. Je priais alors pour atteindre au
moins le tome 10. Que de chemin parcouru...
Je ne serais pas là où je suis aujourd'hui sans
l'aide de nombreuses personnes. Mais j'ai
beau avoir pris de la bouteille, le bouclage
reste une épreuve de force. Heureusement
qu'il y a le sourire de ma petite pour me
remotiver.
Je suis en train de
marcher. Le chemin
semble incroyablement
raide, escarpé et long.
Je ne sais même pas s'il
y a une sortie au bout.
Je me suis engagé dans
cette voie sans me poser
trop de questions. J'ai
simplement pensé qu'il
était possible de réussir
dans ce qu'on aimait. Il ne
m'a pas fallu longtemps
pour comprendre que le travail de l'écriture
n'était pas si facile. C'est déprimant d'être
confronté aux oeuvres de grands scénaristes
dont la finesse des intrigues et la psychologie
fouillée des personnages font ressortir mes
propres lacunes. Il y a bien des fois où j'ai
envie de jeter l'éponge. Je continue malgré
tout à avancer sur le chemin que je me suis
choisi, avec le vague espoir d'atteindre un
jour la destination finale...