Le 3e régiment étranger d'infanterie : des tranchées de Champagne à la jungle guyanaise

«En avant 3<sup>e</sup> régiment... En avant, toujours en avant !», ce
refrain du 3<sup>e</sup> REI exprime l'engagement constant et résolu du
régiment depuis sa création. Le RMLE des deux guerres mondiales,
puis le 3<sup>e</sup> REI des théâtres d'opérations extérieurs, ont
traversé le XX<sup>e</sup> siècle dans le bruit et la fureur des guerres qui
l'émaillèrent, moissonnant la gloire du sacrifice. Sous les ordres
du colonel Rollet, son drapeau devient - à la fin de la
Grande Guerre - l'un des deux drapeaux les plus décorés de
France. Pendant 20 ans, au Maroc, de 1920 à 1940, il est en
pointe de la pacification. Puis le RMLE (1943-1945) relève la tradition
de son aîné, en Tunisie, en Alsace et en Allemagne. De
1946 à 1954, en Indochine, le sacrifice répété de ses bataillons
en fait la poutre maîtresse de la guerre au Tonkin. On ne cite
plus les combats et les batailles auxquels il a pris part : ils sont
réunis dans l'unique inscription au drapeau : «Indochine 1946-1954».
Vint enfin la déchirure algérienne, une guerre sans nom
où ses légionnaires tombent, «morts pour une chose morte».
1962 marque le début de la grande migration : 10 ans à
Madagascar, puis, à partir de 1973, l'installation à Kourou, en
Guyane, où le 3<sup>e</sup> REI découvre sa nouvelle vocation : la forêt
équatoriale. Bientôt va s'y ajouter une mission essentielle : la
protection du centre spatial guyanais. Année après année, le
régiment progresse, bâtit dans la grande tradition de Foum-Zabel,
s'adapte aux nouvelles missions, aux nouveaux matériels,
à la refondation des armées ; mais la forêt demeure son
domaine privilégié ; le 3<sup>e</sup> REI est aujourd'hui le régiment
«selva» de la Légion étrangère.