Démythifier l'universalité des valeurs américaines : pour une mondialisation démocratique

À l'heure du défoulement primaire d'un certain anti-américanisme,
l'ambition tout autre, sinon l'originalité, de cet ouvrage
franco-américain relève au fond de deux axes indissociables
d'éthique démocratique.
Nécessité préalable : démythifier, non les valeurs américaines,
mais l'autoproclamation par les think tanks diplômés de
l'équipe Bush de leur universalité démocratique, alibi impudent
à leur volonté explicite de domination mondiale. Seconde
exigence : face à une globalisation capitaliste sauvage, cette
prétention usurpatrice va à l'encontre de l'immense mouvement
politico-théorique actuel pour l'avènement d'un authentique
universalisme démocratique.
Il s'agit donc moins de mettre en cause «la panne de l'universalisme
occidental», réelle mais relative, que de relever le sens
du défi radical au Droit, lancé par le dévoiement étatsunien.
De là notre question, sacrilège au regard d'un credo toujours
répandu : l'ivresse néo-impériale bushienne ne plonge-t-elle pas
ses racines dans certaines dominantes historiques de l'exceptionnalisme
étatsunien depuis ses origines ? C'est dire que, loin de
se vouloir stérilement anti-américaine, cette mise en lumière
par les meilleurs spécialistes s'inscrit dans l'indispensable
reconstruction d'un véritable démocratisme planétaire.