Sécurité sociale : main basse sur le trou

Le trou de la Sécurité sociale est abyssal, tout le monde le
sait. Mais on ignore ce qui se passe en coulisse. Et là, la surprise
est de taille. Durant près d'un an, Leslie Varenne et Philippe
Blanchard ont suivi la trace de ces sommes colossales, qu'il faut
traquer de Vilnius à Prague, du Luxembourg à Bombay, jusque
dans les coffres des banques offshores.
À Paris, c'est un établissement public administratif déguisé en
banque d'affaires, la CADES, qui gère la situation. À peine
contrôlée, cette Caisse agit en toute autonomie pour livrer la dette
à la fantaisie des marchés internationaux. Le tout avec le produit
de la CRDS, une contribution sociale à l'origine provisoire que
chaque salarié versera jusqu'à ce que le trou ait disparu.
Au minimum en 2020. Mais probablement bien plus tard...
En effet, les politiques viennent d'ajouter à sa charge vingt-cinq
milliards dans l'indifférence générale. Les syndicats restent
étrangement muets et semblent avoir démissionné face au
modèle qui s'annonce. Avec, en cas de dérapage, le spectre des
faillites de l'Argentine, d'Enron ou de Parmalat. Et donc de la disparition
de notre système de santé tel qu'il fonctionne actuellement.
Ce jour-là, mieux vaudra être riche et bien portant...